Maladies du système nerveux: l'autisme
(d’autos : soi-même, en grec). Ce syndrome psychiatrique précoce apparaissant au cours de la petite enfance est caractérisée par des troubles du comportement : l’enfant ne répond pas aux sollicitations maternelles. L’enfant communique que peu, il ne parle pas, il a horreur des bruits forts et des modifications de son environnement le perturbent énormément. Ses gestes sont bizarres et répétitifs. Les autistes semblent souffrir d’une incapacité à établir des relations affectives habituelles. On a longtemps cru que l’autisme était une maladie purement psychologique sans composante organique. Les causes de l’autisme qui prévalaient étaient d’origine maternelle car des troubles du comportement similaires à ceux de l’autisme ont été observé chez des enfants ayant été privé précocement de l’affection maternelle. Une froideur affective maternelle, qui pousse l’enfant à se réfugier dans un monde intérieur, a été longtemps tenue pour responsable de l’autisme. Cette théorie défendue par le célèbre psychanalyste Bruno Bettelheim est maintenant mis à mal par les recherches les plus récentes.Les preuves s’accumulent en faveur d’une déficience au cours du développement du système nerveux centrale. La conséquence majeure est une difficulté énorme de l’enfant à adapter son comportement à la situation présente (mise en action du comportement trop lente ou trop brutale, durée du comportement trop courte ou trop longue, arrêt du comportement trop rapide ou absence d’arrêt …), à faire preuve d’imagination (jeux répétitifs) et de socialisation.Des anomalies ont été observées dans le cervelet, structure cérébrale participant non seulement au contrôle de la motricité mais aussi recevant des informations sensorielles. On a aussi remarqué chez certains malades une atrophie du cortex préfrontal et de l’hippocampe (structures cognitive et affective, par excellence). Au niveau biochimique, la production et l’élimination des neurotransmetteurs dopamine et sérotonine est altérée, tout comme celle des b endorphines dont la structure biochimique est en plus anormale (suggérant une anomalie du gène des endorphines). Concernant la croissance même du système nerveux, des anomalies ont été détectées sur le gène d’une protéine (la protéine Ras, membre de la famille des protéines G) nécessaire à la pérennisation de la différenciation des neurones.
L’ensemble de ces déficits anatomo-fonctionnels sont en accord avec l’hypothèse que la physiopathologie de l’autisme résulte à la fois d’une croissance du système nerveux et d’une régulation de la neurotransmission imparfaites. Actuellement, l’autisme est considéré comme une maladie à la fois multigènique et multifactorielle résultant d’interactions entre les facteurs de prédisposition génique et des facteurs environnementaux à risque (prématurité, anoxie à la naissance, médication ou rubéole de la mère pendant la grossesse). Cette interaction surviendrait à un moment critique du développement du système nerveux.La prise en charge thérapeutique des autistes est seulement médicamenteuse pour ce qui est des symptômes (des sédatifs calment la turbulence, des stimulants améliorent la passivité et l’instabilité, des analogues des endorphines traitent l’agitation et l’agressivité) alors que l’essentiel de soins psychiques reposent sur des psychothérapies à visées rééducatives. Ces psychothérapies ont pour but d’améliorer les relations de l’enfant avec son entourage mais peuvent être aussi spécifique (orthophonie, psychomotricité…)


