s’écrouler, de s’éparpiller, en place… Histoire de repartir du bon pied.

Le temps fera le reste…

Mais il y a l’aide d’autres grands-parents qui sont passés par là aussi : ne pas hésiter à consulter les associations, à lire, à s’informer. Mettre des mots sur les choses, les événements et les faits c’est mettre l’angoisse à distance, apprivoiser les peurs, reprendre de l’équilibre. De plus, vous verrez qu’être les grands-parents d’un enfant aveugle ou malvoyant, d’un enfant para ou tétraplégique, d’un enfant trisomique ce n’est pas la même chose dans l’absolu des détails de la vie quotidienne : ça s’apprend. Mais ce n’est pas autre chose non plus que d’être grands-parents tout court, dans l’absolu de l’amour partagé. Or, l’amour, comme le reste, ça se construit à chaque seconde, chaque minute, de chaque jour, de chaque année de cette période merveilleuse qu’est la découverte, plus de vingt ans après, d’un lien de filiation que l’on croyait connaître en tant que pères ou que mères et que l’âge rend plus enrichissant encore. Il y a donc des choses qui s’apprennent, avec les spécialistes, dans les groupes, par le travail associatif… Et puis il y a toutes les autres qui, elles, relèvent de ce qu’on a toujours été. La conclusion sera donc bien de ne rien changer « volontairement » au lien affectif vous reliant au petit (à la petite) handicapé(e) : soyez vous-mêmes et évitez autant le recul, le repli, que la surprotection. Laissez parler l’amour, le temps fera le reste. Le petit être handicapé est un être multidimensionnel en aucun cas réductible au handicap ; comme tout petit d’homme il a besoin de se construire une sécurité intérieure, faite de confiance et de liens affectifs « gratuits » lui permettant de chercher un jour, le juste moment venu, l’autonomie qui fera de lui un adulte être humain riche, ouvert, plein de vie. Rien de plus « contagieux » qu’une dépression ; surtout si elle n’est pas dite. Traiter les petits-enfants handicapés en sujets autonomes, individualisés, il n’y a pas d’autre recette. Profitez-en ! C’est tout le bien que je vous souhaite.

" (...)C’est par la parole, par la création, que l'être humain arrive à dépasser son sentiment d'impuissance; il est voué à la souffrance, à cause de la disparité entre ses désirs, qui sont incommensurables, et l'impossibilité de les satisfaire. Il y a donc une souffrance fondamentale et nécessaire, que nous n'éviterons jamais. Toutefois, ce que nous autres psychanalystes et psychothérapeutes pouvons promouvoir, c'est l'évitement des souffrances inutiles. Nous qui sommes les témoins privilégiés de tant de malheur, nous pouvons, si nous ne restons pas dans notre tour d'ivoire, aider par la parole, par la symbolisation, par la création, à ce que la disparité entre le désir et la réalité soit moins douloureuse, et que les souffrances inévitables trouvent à s'exprimer afin que la solitude n'ajoute pas l'angoisse à la souffrance.(...)" Françoise Dolto in L'expression des Sentiments.
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.opladis.be)




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