Le stress: ami ou ennemi?

Le
stress existe. Il est naturel et inévitable. Notre façon de le vivre, elle, peut être modifiée, et cet ennemi devenir notre allié. «Chaque personne a son propre style de gestion du stress. Il s'agit d'un ensemble de
stratégies personnelles qui constituent la manière habituelle de faire face aux différentes
situations problématiques de la vie», affirme Bruno Fortin, psychologue en milieu hospitalier.
Notre environnement y est pour beaucoup
L'environnement dans lequel se trouve l'
individu compte pour beaucoup dans la capacité d'
absorption du stress. «Le stress est un processus qui évolue, impliquant un effort d'adaptation. Heureusement, il est possible d'adopter des attitudes positives face au stress, comme la recherche d'un bon entourage, s'accorder des moments de
repos, nuancer ses opinions et éviter les commérages inutiles», poursuit Bruno Fortin.
Écouter notre organisme
Un autre
psychologue, Jean Garneau, suggère de prendre conscience des messages de l'organisme. La
tension, l'
anxiété, la fatigue, le manque de concentration sont des réactions qui doivent être prises au sérieux. Il s'agit d'indicateurs qui nous signalent que notre situation manque d'équilibre. Selon Jean Garneau, la
gestion du stress passe par l'expression un pas dans la bonne direction pour en arriver à une solution durable. «Il s'agit, du coup, de bien comprendre les enjeux et non seulement de les subir», ajoute-t-il.
Il faut jouir du stress
Plusieurs
spécialistes du stress font valoir une autre notion: celle du plaisir. Puisque le stress est une stimulation, l'un des objectifs serait de jouir de cette intensité où tous les sens sont en émoi. Prenons en exemple un courtier en Bourse qui s'affaire à d'importantes transactions. Il sera visiblement stressé par cette activité, mais lorsque la vente sera conclue, il en retirera une satisfaction bienfaisante, même chose pour l'enseignante qui, après une
séance épuisante, voit que ses étudiants ont saisi les notions qu'elle souhaitait leur
transmettre. La situation oppressante doit normalement devenir intéressante, stimulante, chargée d'un plaisir intense. Utiliser le degré de plaisir comme critère constitue un moyen sûr de déterminer si le stress est vécu de façon positive. Dans le cas contraire, mieux vaut alors s'interroger sur la pertinence du stress vécu. Vaut-il vraiment la peine ou si on ne devrait pas mieux
réorienter son mode de vie?
Le stress prolongé: des maux indésirables
Un stress prolongé et mal géré fait rapidement place à une gamme impressionnante de
symptômes allant des
maux de tête, à l'insomnie en passant par l'
hypertension artérielle, l'accélération de la fréquence cardiaque et les ulcères d'estomac. Comme il s'agit d'une réaction du corps inévitable, «le but n'est pas d'abolir complètement le stress et de l'évacuer définitivement de notre vie. Cela ne serait ni possible, ni souhaitable. Il s'agit de développer nos habiletés à le ramener à un niveau tolérable et à faire ce que nous souhaitons malgré la
présence d'un certain stress», de conclure le psychologue Bruno Fortin.