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Le premier Cyborg est né 

France 

Ce matin-là, devant une meute de journalistes, Kevin Warwick a franchi le seuil du département de cybernétique à l'Université de Reading, en Angleterre, où il est professeur. Comme par enchantement, la porte s'est ouverte puis une voix synthétique a prononcé : " Bonjour docteur Warwick! Vous avez cinq nouveaux messages électroniques."

En soi, cette démonstration n'a rien de si spectaculaire. Sauf quand on sait que le dispositif de commande de la porte et de la voix, est situé... dans l'avant-bras de Kevin Warwick. Effectuée le 24 août dernier, cette greffe électronique fait du professeur britannique le premier Cyborg au monde - ces créatures mi-humaines mi-robot décrites par les auteurs de science-fiction.

Ne mesurant pas plus de 23 millimètres, la capsule de verre implantée sous la peau du professeur contient une bobine électromagnétique et plusieurs microprocesseurs. C'est ce qu'on appelle un transpondeur, c'est-à-dire un système capable d'émettre un signal lorsque stimulé par une onde particulière.

Transformé en "immeuble intelligent", le département de cybernétique peut, grâce à un capteur et un ordinateur, identifier le transpondeur - donc son porteur.
Et régler ainsi automatiquement l'éclairage ou le chauffage au goût du "Cyborg"...

On implante des composantes électroniques sous la peau des animaux depuis plusieurs années. Cette pratique permet, entre autres, de suivre la migration d'oiseaux ou de gérer des élevages industriels. C'est par contre la première fois que l'expérience est menée sur un être humain.

Ce genre de puce peut contenir n'importe quelle donnée - numéro d'assurance sociale, groupe sanguin, casier judiciaire, etc. Elle évoque donc le fameux "Big Brother" décrit par George Orwell dans son roman "1984".

Mais est-ce vraiment nécessaire d'implanter ce genre de dispositif sous la peau? Selon Kevin Warwick, la technique présente l'avantage d'éviter la perte ou le vol. Aux États-Unis, les chercheurs préfèrent pour l'instant la solution des "vêtements ordinateurs", c'est-à-dire des cartes à puces qu'on glisse dans une poche de veston et pouvant remplacer les clés de voiture ou les billets de train.

Selon Kevin Warwick, l'être humain est menacé par l'"ordinateur sapiens", "dont l'intelligence ne tardera pas à dépasser celle de son créateur. L'homme, s'il veut éviter de devenir l'esclave de ses machines devra multiplier les implants de puces pour rester dans la course à l'intelligence."

 

Anne-Marie Simard 


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