Le clonage humain, une expérience risquée 

Italie 

Jusqu'à présent on savait cloner des vaches, des chèvres, des souris. Mais maintenant un médecin italien veut tenter l'expérience sur des êtres humains.

Severino Antinori présente son programme de clonage humain à visée reproductrice, mardi, à l'Académie américaine des sciences, à Washington. Deux cents femmes se sont portées volontaires pour servir de cobayes.

Le clonage des mammifères est une opération délicate, qui comporte de nombreux ratés. Moins de 5 % des embryons clonés se développent jusqu'à terme. Quant aux survivants, ils naissent avec de sérieux problèmes immunitaires ou cardiaques.

On sait produire des clones d'animaux à partir de cellules prélevées sur un embryon. Les individus obtenus sont alors tous identiques à celui issu du développement normal de l'embryon. Cette technique de clonage met à profit la propriété totipotente des cellules embryonnaires (cellules capables de donner un organisme complet).

Néanmoins, pour reproduire un être humain à l'identique, le docteur Antinori devra prélever des cellules différenciées comme cellules de départ. Or ces cellules, programmées pour assurer une fonction précise, ne peuvent pas retourner à leur état antérieur d'indifférenciation. Le succès de la reprogrammation de cellules différenciées permettant le développement de la brebis Dolly en 1997 tient du miracle.

La technique du clonage reproductif consiste à stimuler la fonction ovarienne de la femme et à prélever un nombre élevé d'ovocytes. Puis il faut retirer le noyau de ces cellules qu'on remplace par le noyau d'une cellule prélevée sur l'homme. Si les chercheurs réussissent à développer l'embryon ainsi créé in vitro, ils le placeront dans l'utérus de la mère. Le nouveau-né sera alors le double génétique de l'homme stérile.

Les manipulations nécessaires à l'obtention d'un embryon peuvent entraîner des anomalies et des malformations. De plus, il faut s'y reprendre à plusieurs reprises avant d'obtenir un embryon, ce qui impose de disposer d'un nombre élevé d'ovocytes.

L'annonce de Severino Antinori a provoqué un tollé de la part de la communauté scientifique du monde entier qui craint les dérapages et les excès de telles expériences. 

Aurélie Deléglise 


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