Étude de moeurs au fond des mers 

États-Unis 

Les biologistes marins n'aiment pas l'admettre, mais ils connaissent mal la vie des océans. Ils entendent toutefois lutter contre leur propre ignorance. Réunis en congrès cette semaine en Californie, une soixantaine d'entre eux, venus de partout au monde, ont mis sur pied leur stratégie pour un recensement de la faune marine. Le projet de grande envergure, qui doit débuter en 2002 et durer dix ans, permettra de connaître le mode de vie de plusieurs animaux méconnus, dont l'énorme baleine bleue de 135 tonnes.



Le projet consiste à installer des émetteurs sur des milliers d'animaux à la fois, entre 2002 et 2005. Les données, que des satellites relaieront sur Internet, seront mises à la disposition des chercheurs et du public en temps réel. En suivant les mouvements simultanés d'un grand nombre d'animaux, les biologistes espèrent enfin mieux comprendre leurs habitudes alimentaires, reproductrices et migratoires. Les données de leurs plongées permettront aussi de recueillir de l'information sur la température et la salinité de l'eau.

Un tel programme ne s'improvise toutefois pas. Les chercheurs ont dû choisir sur quelles espèces ils allaient concentrer leurs efforts et quels appareils ils devaient utiliser. Les émetteurs les plus sophistiqués coûtent plusieurs milliers de dollars chacun, ont un poids qui ne convient qu'aux plus gros animaux et aller les installer sur des animaux sauvage exige beaucoup de temps. Et ils ne fonctionnent pas tous correctement, loin de là : on espère récupérer les données d'au moins 30% des instruments installés.

Le choix des animaux a quelquefois été déchirant. La baleine bleue, la tortue marine, l'albatros, un gros phoque, deux espèces de requins et deux espèces de thon font partie des heureux élus. Mais les chercheurs ont dû renoncer à étudier diverses espèces de pieuvres, de baleines, de poissons et d'oiseaux migrateurs. Plusieurs des espèces retenues sont considérées comme menacées. L'étude de leur comportement est urgente et pourrait contribuer à améliorer leurs chances de survie. 

Philippe Gauthier 


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