La mer monte-t-elle, ou est-ce la terre qui descend? 

Palau 

Le niveau de l'océan Pacifique monte de deux millimètres par année. Et quelques petites îles ont déjà été englouties. Faut-il blâmer le réchauffement climatique? Pas si sûr, estime Wolfgang Scherer, chercheur à l'Université de Flinders, en Australie. La terre bouge souvent localement, a-t-il expliqué devant des représentants de 16 pays réunis lors de l'assemblée annuelle du Pacifique sud, tenue à Koror, au Palau.

Deux îles du petit État de Kiribati ont déjà été englouties. Et neuf atolls de l'archipel de Tuvalu connaissent des problèmes de réduction de la bande côtière. Pas encore un nouvel Atlantide, mais ces faits inquiètent, dans ces îles dont l'altitude ne dépasse pas cinq mètres. Les États insulaires du Pacifique y voient les conséquences du réchauffement global, dont les pays industrialisés sont les principaux responsables.

Mais attention : des facteurs strictement locaux sont peut-être à l'oeuvre, explique Wolfgang Scherer. À Rabaul, en Papouasie Nouvelle-Guinée, le niveau de la terre monte par rapport à la mer. Le volcanisme est en cause, dans cette région. Il est possible que des forces contraires aient provoqué la hausse du niveau de l'eau enregistrée en certains points. La surexploitation de la nappe d'eau souterraine peut aussi provoquer la submersion d'îles : une fois vidé de son eau, le sous-sol s'affaisse sur lui-même. Les centimètres perdus ont de graves conséquences, dans ces atolls au ras de la mer.

Ces phénomènes font en sorte qu'il n'est pas facile d'évaluer l'importance réelle de la montée de eaux. Idéalement, conclut l'expert, il vaudrait mieux mesurer l'évolution du volume total de l'eau contenue dans le Pacifique. Mais cette donnée n'existe pas encore et ne sera pas facile à calculer. 

Philippe Gauthier 


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