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Les insectes gagnent du terrain 

Canada 

A tous les stades (oeuf, larve, nymphe et adulte), le cycle biologique des insectes est lié aux conditions climatologiques. « Une augmentation des températures favorise le développement d'un plus grand nombre de générations d'insectes », a affirmé Michèle Roy, agronome-entomologiste au Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec (MAPAQ).

A l'occasion de la 5e conférence internationale francophone d'entomologie, qui s'est déroulée du 14 au 18 juillet à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Michèle Roy a expliqué que le climat jouait un rôle déterminant sur la distribution géographique, sur le nombre de générations annuelles ainsi que sur l'abondance des insectes. « La température corporelle de ces derniers varie en fonction de la température du milieu dans lequel ils vivent », a-t-elle indiqué.

Des températures hivernales clémentes sont favorables aux insectes. Des hivers plus doux et l'allongement de la saison exempte de gel permettront à certaines espèces (dont la distribution sous nos latitudes était jusqu'à présent limitée par le froid) de passer l'hiver au Québec alors que d'ordinaire elles émigraient. « Cela permettra peut-être à certaines espèces, telles les pucerons, d'élargir leur aire de distribution», a estimé l'entomologue.

Par ailleurs, des changements météorologiques pourraient favoriser la migration de certaines espèces d'insectes venues du sud et augmenter la pression exercée par ces ravageurs. « En raison du réchauffement de la planète, il y aura une plus grande pression des insectes qui ravagent les cultures, ce qui demandera un effort accru au niveau du développement des méthodes de lutte », a prévenu Michèle Roy.

Les changements climatiques prévus pourraient également accroître l'importance des maladies virales transmises par les insectes, lorsque la température constitue le seul facteur limitant le développement des populations d'insectes vecteurs.

D'après le groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la température au Québec devrait augmenter de 2 à 6 degrés Celsius au cours de l'hiver et de 1 à 4 degrés, au cours de l'été. Ce qui aura un impact direct sur les précipitations, l'accumulation de neige et l'intensification des tempêtes. Les chercheurs ont actuellement recours à la modélisation pour connaître l'incidence des changements climatiques sur les insectes et prédire des scénarios d'impacts. 

Aurélie Deléglise 


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