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Science et Fiction : «Star Trek: Insurrection»... pour initiés seulement! 

Canada 

«Star Trek : Insurrection» est la neuvième aventure cinématographique de la populaire série de science-fiction du même nom. Les six premiers films mettaient en vedette le capitaine Kirk, Monsieur Spock – le fameux extra-terrestre aux oreilles pointues - et les autres personnages de la première série de télévision, diffusée à la fin des années 60 et en reprise depuis plus de trente ans.

«Insurrection» est le troisième film à mettre en vedette les personnages de la série «Next Generation», dont le capitaine Jean-Luc Picard et l'androïde Data. Ces personnages sont moins connus du public francophone que Kirk et Spock, car la série «Next Generation» n'a jamais été traduite en français. S'ils ne vous disent rien, le film n'a pas grand chose à vous offrir: contrairement au huitième film, «First Contact», dont l'histoire pouvait intéresser aussi bien le néophyte que le plus fanatique des «trekkies», «Insurrection» est essentiellement un long épisode de luxe de la série de télévision, et le fil ténu de l'histoire (nos héros doivent protéger un village de gentils extraterrestres pacifiques et anti-technologiques vivant sur une planète idyllique aux prises avec des méchants extraterrestres belliqueux qui veulent les déporter sur une autre planète...) n'est qu'un prétexte pour retrouver les personnages de la série dans une autre aventure. «Insurrection» se veut un film léger et drôle qui laisse une grande place à l'interaction entre les personnages de la série, mais en bout de ligne on se retrouve avec guère plus qu'une suite de clins d'oeil et de gags «pour initiés» qui tombent le plus souvent à plat.

Et la science dans tout ça? La série Star Trek s'est toujours distinguée par une panoplie spectaculaire de gadgets high tech, dont les plus célèbres sont le téléporteur («Beam me up, Scotty!») et la propulsion «warp drive» qui permet de voyager plus vite que la lumière. Tout ça se retrouve bien sûr dans le film, mais en arrière-plan, et il n'y a rien de nouveau de ce côté. Quant au thème classique du voyage dans le temps, qui servait de moteur à l'histoire des trois films les plus populaires de la série («The Voyage Home», «Generations» et «First Contact») et d'un nombre incalculable d'épisodes de télévision, il en reste bien un écho dans la manipulation que font les gentils extraterrestres du rythme de l'écoulement du temps, mais il n'y a rien de nouveau de ce côté-là non plus. Il faut dire que le film reste fidèle à la tradition de Star Trek d'expliquer des phénomènes étranges (et hautement improbables d'après nos connaissances scientifiques du
XXe siècle) à l'aide de quelques mots de jargon incompréhensibles. Dans «Insurrection», le phénomène étrange est la raison même de l'intérêt que portent les méchants extraterrestres à la planète idyllique des gentils extraterrestres: les anneaux de la planète contiennent des particules «métaphasiques» qui émettent des radiations capables de stopper le processus de vieillissement et même de l'inverser! Quand le capitaine Picard demande à son supérieur des explications sur le phénomène, il répond d'un air lassé : «Ne me demandez pas comment ça fonctionne, je ne le comprends pas moi-même. Passons à autre chose… »

C'est donc ce que nous allons faire nous aussi, en attendant un autre «classique» de la science-fiction, le nouveau «Star Wars», dans un peu moins de six mois… D'ici là, espérons qu'un ou deux films avec un contenu scientifique digne de mention viendront parsemer le paysage cinématographique!

Notre chroniqueur Marc Séguin a une formation en physique, en astrophysique et en histoire des sciences. Il enseigne au cégep de Maisonneuve et est l'auteur, avec Benoît Villeneuve, du livre "Astronomie et astrophysique : cinq grandes idées pour explorer et comprendre l'Univers ", publié aux Éditions du Renouveau Pédagogique. À chaque mois, il s'intéresse aux aspects scientifiques d'un film qui vient de prendre l'affiche.
 

Marc Séguin 


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