Categories
Partenaires

Une puce dans le cerveau 

Etats-Unis 

Dans le cerveau, l'hipoccampe est le siège de la mémoire. Cette région cruciale est parfois blessée, notamment lors d'une crise d'épilepsie ou lorsqu'un patient souffre de la maladie d'Alzheimer. Dans ce cas, le malade perd définitivement ses capacités de mémorisation.

Pour contrer ce handicap, une équipe menée par Theodore Berger, professeur à l'université de Californie du Sud, a conçu une puce capable de reproduire le fonctionnement de l'hippocampe. Relié à des électrodes qu'on ajuste sur le crâne autour de la zone blessée, l'implant va court-circuiter l'hippocampe, récupérer l'information et l'envoyer vers la partie saine du cerveau.

Après dix ans de recherche, l'équipe se dit prête aujourd'hui à tester la puce sur des cerveaux de rats puis sur des singes vivants. La structure de l'hippocampe diffère peu entre différents mammifères, et des essais concluants à ce stade établiront l'efficacité de la prothèse pour l'homme.

Si le volet technique paraît bientôt résolu, la pose d'un implant dans le cerveau soulève toutefois de nombreuses questions éthiques. Oublier est un processus nécessaire chez l'homme. La puce pourrait-elle obliger le patient à conserver contre son gré des souvenirs douloureux ? Autre interrogation : imiter artificiellement l'activité du cerveau, c'est aussi intervenir sur la personnalité et la conscience des gens. Les scientifiques se demandent aussi comment valider le consentement d'une personne en perte de mémoire, à qui on demande d'accepter de recevoir un implant pour la lui rendre. 

Isabelle Masingue 


Comments

Commentaires fermés