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Les drogues du viol 

Canada 

« Même si le GHB est extrêmement médiatisé ces derniers temps, il n'est pas la seule substance chimique dont se sert un aggresseur pour parvenir à ses fins », a affirmé Carole Péclet, toxicologue au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale. « L'alcool, le cannabis, la cocaïne et les benzodiazépines (médicaments psychotropes prescrits pour traiter l'anxiété et les troubles du sommeil) peuvent également favoriser les relations sexuelles forcées et être considérés comme des drogues du viol », a-t-elle énoncé à l'occasion d'un débat sur les drogues du viol, dans le cadre du Forum sur les drogues et dépendances de Montréal.

«Les agressions sexuelles liées aux drogues du viol représentent environ 10% des 1 500 cas que nous traitons annuellement», a indiqué Sylvie Beauregard, du Service de police de la ville de Montréal.

Le GHB (acide gamma hydroxybutyrique) est une molécule principalement utilisée dans les raves comme substitut aux amphétamines et à l'ectasy. Il dérive du gammabutyrolactone (GBL), qui est un solvant-décapant pour peintures. Avec de l'hydroxyde de sodium, le GBL conduit à la synthèse chimique du GHB mais celle-ci s'opère aussi in vivo : en avalant du GBL, l'organisme le transforme automatiquement en GHB. Jusque dans les années 90, le GHB était utilisé dans des suppléments alimentaires et comme anesthésiant lors d'accouchements. Le Rohypnol est, lui, un sédatif prescrit pour traiter les insomnies et les maux de dos. Insipides, inodores, incolores et facilement solubles, ces substances inhibent les systèmes neuronaux d'un individu qui plonge dans un état de somnolence, d'amnésie et parfois de coma. Les traces du GHB dans l'organisme disparaissent au bout de 12 à 48 heures. « Mais les analyses d'urine permettent de détecter quelques substances chimiques au-delà de 72 heures », a précisé Carole Péclet.

Selon Sylvie Beauregard, si l'on a le moindre doute concernant la possibilité d'une agression sexuelle, il est important d'aller à l'hôpital pour y subir des tests. « Quatre établissements sont habilités à les faire à Montréal : l'Hôtel-Dieu, Sainte-Justine, Montreal Children et Montreal General », a indiqué la policière. « Ils utilisent une trousse dite médico-légale et les tests comprennent un prélèvement sanguin et une analyse d'urine. L'hôpital conserve la trousse et demande l'autorisation de la victime avant de transmettre ces informations à la police », a-t-elle ajouté.

Les conférenciers ont recommandé de se montrer méfiant, de ne jamais quitter son verre des yeux et de ne pas en accepter de la part d'inconnus. « Il faut être plus vigilants et mieux renseignés », a insisté Louise Lacroix, coordonnatrice du Comité des femmes de la Petite Patrie et qui a publié une brochure consacrée au phénomène des drogues du viol. 

Aurélie Deléglise 


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