Chronologie du bilan et des gestes qui en découlent
Il existe une certaine logique dans la façon de réaliser un bilan. Dès l'arrivée sur les lieux, il faut rapidement vérifier l'absence de risque secondaire lié à l'événement avant de s'approcher de la victime pour l'examiner, prendre les mesures urgentes qui s'imposent, transmettre le bilan et terminer la mise en condition de la victime sans oublier de surveiller son évolution dans le temps.Bilan de la situation et prévention du suraccident
Un des premiers soucis d'un secouriste arrivant sur intervention doit être de vérifier, sans perte de temps inutile, qu'il n'existe pas de risque pour lui ou son équipe (et par extension, pour la victime). Si c'est le cas, il doit tout faire pour le minimiser en prenant (ou en provoquant) les mesures nécessaires : dégager d'urgence une victime exposée à un risque qu'on ne peut écarter rapidement, baliser la zone dangereuse pour éviter un suraccident, ne pas respirer une atmosphère toxique, éviter d'être la cause d'une étincelle, porter des gants pour ne pas être contaminé par un produit dangereux...Mais le risque n'est parfois pas évident, ce qui fait prendre avec retard les mesures appropriées. Tel est le cas, par exemple, lors d'un malaise à domicile où la notion d'intoxication au monoxyde de carbone n'est reconnue qu'à l'apparition de symptômes anormaux chez les sauveteurs...
Bilan d'urgences et gestes élémentaires de survie
On doit vérifier très rapidement ( en 20 secondes) l'état des trois grandes fonctions vitales afin de pouvoir réaliser sans délai les mesures qui s'imposent si la vie est menacée à court terme (détresse vitale)- Existe-t-il une hémorragie externe grave évidente ? Dans l'affirmative, elle doit être immédiatement stoppée par une méthode adaptée avant de poursuivre le bilan, victime allongée.
- La victime présente-t-elle des signes de suffocation brutale ? L ' obstruction complète des voies aériennes impose de réaliser sans attendre une technique de désobstruction (manouvre d'HEIMLICH ou son équivalent chez l'enfant), complétée au besoin par une libération manuelle ou instrumentale des voies aériennes supérieures
- Quel est son état de conscience ? En cas d'inconscience, il faut rapidement libérer les voies aériennes (desserrer col, cravate, ceinture, basculer prudemment la tête en arrière, tirer sur le menton en avant) pour apprécier la ventilation. Une victime inconsciente qui respire doit être installée rapidement en position latérale de sécurité (PLS) pour protéger ses voies aériennes.
- Existe-t-il une détresse ventilatoire ? Si la victime est en arrêt ventilatoire, il faut commencer la ventilation artificielle et vérifier le pouls après les deux premières insufflations. Une difficulté respiratoire peut amener à compléter si nécessaire la libération des voies aériennes par une désobstruction manuelle ou instrumentale. Dans tous les cas de détresse, il est nécessaire de pratiquer au plus tôt une oxygénothérapie avec une technique et dans une position d' attente adaptées.
- Perçoit-on un pouls ? Un arrêt cardio-respiratoire nécessite la pratique sans délai d'un massage cardiaque externe associé à une ventilation artificielle. Une victime dont le pouls est très faiblement perceptible doit être allongée à plat; on pourra surélever ses jambes en cas d'hémorragie très importante, de collapsus. Dans ce cas, la position devra être conservée tant qu'un avis médical contraire n'est pas donné. L'apport d'oxygène supplémentaire, par inhalation, est toujours indiqué.
Poursuite du bilan et stabilisation des lésions
Le bilan peut être complété dès que les mesures d'urgence dictées par la situation ont été prises. Il consiste à préciser la plainte de la victime ou les lésions qu'elle présente et leur répercussion sur les grandes fonctions vitales.- Lorsqu'il s'agit d'une maladie, il convient de préciser la plainte formulée par le malade, en interrogeant au besoin l'entourage ou les témoins :
- sa nature: douleur, gêne, brûlure...
- sa localisation anatomique
- son mode de survenue: effort, repas, émotion, pendant le sommeil. ..
- sa chronologie: heure de survenue, évolution dans le temps
- l'effet du traitement éventuellement commencé
- Les antécédents du patient et le traitement habituellement suivi sont également notés.A l'occasion d'un traumatisme, il faut préciser le mécanisme de l'accident en interrogeant la victime et les témoins et en apprécier la violence. L'examen du blessé doit être systématique et complet, de la tête aux pieds, en recherchant les déformations évidentes, les zones douloureuses, la capacité de bouger, la notion d'une perte de connaissance transitoire...
- S'il s'agit d'une intoxication, on doit essayer de préciser le type de toxique en cause (médicaments, alcool, gaz, caustique. ..), le délai écoulé et les doses absorbées.
- Pour une femme enceinte, il faut chercher à connaître l'âge de la grossesse ( ou la date des dernières règles), le terme prévu (date de l'accouchement) et préciser la menace en fonction de l'évolution des contractions (fréquence, durée, perte des eaux, envie de pousser), des antécédents obstétricaux de la patiente (autres grossesses, accouchements)...
- Dans tous les cas, les répercussions sur les grandes fonctions vitales doivent être recherchées avec précision en complétant le bilan d'urgence :
- signes d'atteinte nerveuse: altération lire plus


