Les syndromes des maladies tropicales

 
Les syndromes des maladies tropicales

Le paludisme

L'estimation du taux mensuel d'incidence des problèmes de santé pour 100.000 voyageurs en zones tropicales (5) fait apparaître, sans chimioprophylaxie et même pour un très bref séjour en Afrique, un risque de paludisme 100 fois plus important qu'en Asie, Amérique du Sud ou Océanie. Le paludisme occasionne toujours de nombreux décès parmi les voyageurs (6). Il résulte d’un défaut de prophylaxie, imputable au voyageur, mais aussi au prescripteur. En outre, les mesures anti-vectorielles (vêtements couvrants de couleur claire dès la nuit tombée, moustiquaire imprégnée, répulsifs) qui sont à l'heure actuelle le plus sûr moyen d'éviter la maladie, ne sont que rarement expliquées par les médecins ou suivies par les voyageurs. Enfin, la prophylaxie individuelle est d'efficacité aléatoire et doit être complétée par la prescription d'un traitement présomptif.
  • Le traitement de l'accès simple du à une souche de P. falciparum qui doit être considérée comme étant chloroquino-résistante, est une urgence, sous peine de conduire à l’évolution vers l'accès pernicieux. Il repose sur:
  • Halfan en 3 prises de 2 cp. espacées de 6 heures chez l’adulte et de 8 mg/kg chez l'enfant avec dose de consolidation une semaine plus tard. Les contre-indications sont la grossesse et allongement du segment ST à l'ECG, en raison des risques de survenue de troubles du rythme mortels.
  • Lariam en 3 prises de 3 cp puis 2 puis 1, espacées de 8 heures chez l’adulte et de 25 mg/kg, chez l'enfant de plus de 15 kg. Les contre-indications sont la grossesse et le traitement par les béta-bloquants.
  • L'Organisation Mondiale de la Santé définit les formes sévères de paludisme (7) par l'existence d'au moins un des critères suivants: neuro-paludisme (coma non réveillable), anémie normocytaire sévère, insuffisance rénale, oedème aigu du poumon, hypoglycémie, collapsus cardio-vasculaire, hémorragie spontanée, état de mal convulsif, acidose métabolique, hémoglobinurie. D'autres manifestations à type de troubles de conscience réveillables, prostration, faiblesse extrême, hyperparasitémie, ictère, hyperthermie, sont considérées comme péjoratives. La quinine intraveineuse reste le traitement de choix dans les formes sévères, dans l'attente de traitements prometteurs (Artémisinine). Le traitement des formes sévères nécessite une surveillance en milieu de réanimation où le protocole suivant peut être appliqué: QuinoformeÒ ou QuinimaxÒ: 17 mg de quinine base / kg en dose de charge, en perfusion de 4 heures, puis en dose d'entretien de 10 mg / kg / 4 heures, toutes les 8 heures, jusqu'à ce que le patient puisse avaler. Le relais est assuré par les comprimés de quinine à raison de 10 mg sel / kg / 8 heures, pour une durée totale de traitement de 7 jours.
Il convient de prévenir la survenue fréquente d'hypoglycémies sévères (8) dues à l'hyperinsulinisme de la quinine et de ne pas faire de dose de charge en cas d'administration préalable de quinine ou de Lariam, au cours des 12-24 heures précédentes. En cas de grossesse ou d'allaitement, la quinine est bien tolérée et n’est ni tératogène, ni abortive aux doses usuelles.Enfin, certains traitements n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité (9) et ne sont donc pas recommandés (corticoïdes, anti-inflammatoires, anti-œdémateux cérébraux).

Les syndromes méningo-encéphalitiques

  • Les méningococcémies. Le méningocoque se comporte comme un saprophyte du rhino-pharynx de l'homme. Il se transmet par l'intermédiaire des gouttelettes de salive et peut gagner les espaces sous-arachnoïdiens par voie sanguine, lymphatique ou en suivant les filets nerveux olfactifs au travers de la lame criblée de l'ethmoïde. La sécheresse, les vents de sable irritent les muqueuses; la fraîcheur des nuits accentue la promiscuité des humains favorisant ainsi l'éclosion de l'épidémie pendant la saison sèche et fraîche dans toute la zone inter et subtropicale.Le plus souvent, le syndrome méningé franc associé à un syndrome infectieux brutal et sévère est rapidement évocateur et impose la ponction lombaire. Les formes graves septicémiques avec purpura fulminans, comateuses, convulsives, hémiplégiques s'observent de plus en plus en Afrique. Cliniquement et bactériologiquement, la méningite cérébro-spinale est identique en Europe et sous les Tropiques. Le sérogroupe A est le principal responsable des épidémies africaines et lire plus




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