Les syndromes hémorragiques et diarrhéiques

Les syndromes hémorragiques
Ils ont été récemment d’actualité en Afrique. Parmi les infections du voyageur, les viroses dont les arboviroses, se distinguent par leur
diversité clinique et géographique. De l'Amérique à l'Asie en passant par l'Europe, rares sont les régions touristiques qui sont indemnes de ce risque vital. Les arboviroses sont à l'origine de 4 grands syndromes: pseudo-grippal avec éruption, méningo-encéphalitique,
hémorragique et hépato-rénal. Le diagnostic des arboviroses est avant tout clinique et sérologique. Hormis le traitement symptomatique des différentes manifestations cliniques, il n'existe pas de traitement curatif.
- La fièvre jaune est une arbovirose transmise par des moustiques Aedes ou Haemogogus. Le virus amaril sévit dans les zones intertropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud en zone rurale et urbaine. Le réservoir est essentiellement représenté par les singes. Cliniquement après une incubation de 3 à 6 jours, la maladie débute brutalement par une hyperthermie (39-40°C), des algies et une congestion du visage et des conjonctives (phase rouge). Une amélioration passagère fait place à une hépato-néphrite hémorragique plus ou moins sévère avec ictère, syndrome hémorragique et oligurie. Le taux de décès est élevé. La guérison lente, à partir du 12ème jour est sans séquelles. Certains pays (Brésil, Kenya, Sénégal), n'imposent pas formellement la vaccination antiamarile pour des raisons économiques et des décès ont été récemment notés chez des voyageurs rentrant de ces pays. Le vaccin en une seule injection, garantit une protection de 10 ans et doit être largement recommandé.
- les fièvres hémorragiques africaines (fièvre Ebola, fièvre de Marburg, fièvre de Lassa)Ces fièvres, outre leur localisation africaine, sont remarquables par la brutalité et la gravité des explosions épidémiques, liées à leur forte contagiosité inter humaine directe. L'éventualité d'observer une fièvre d'importation à virus Ebola est peu probable, mais elle ne peut être totalement exclue. Le réservoir de virus et le mode de transmission à l’homme sont inconnus. Après une incubation de 18 jours au maximum, le début brutal est marqué par de la fièvre, une diarrhée afécale muco-sanglante et une éruption. Le plus souvent, la maladie est asymptomatique, ou bien revêt une forme fébrile pseudo-palustre. Plus rarement surviennent un coma, une insuffisance rénale aiguë, une hépatite cytolytique et un syndrome hémorragique mortel par C.I.V.D et insuffisance hépatique. Le diagnostic repose sur la sérologie et l’isolement du virus à partir du sang, des urines ou des prélèvements biopsiques, chez des sujets rentrant du Gabon, de Guinée-Bissau, de Côte-d'Ivoire ou du Zaïre. Le traitement est symptomatique et décevant.
- La dengue hémorragique est une arbovirose dont le réservoir principal est l'homme. Le virus est transmis par Aedes aegypti. Après 5 à 8 jours d'incubation, elle se caractérise après l’a survenue d'un purpura, d'hémorragies muqueuses et d'un choc cardio-vasculaire. Cette forme sévère est exceptionnelle chez le touriste, sa physiopathologie relevant de contaminations successives par des sérotypes différents. Le taux de décès avoisine 10%.
- La fièvre de Crimée-Congo occasionne une méningoencéphalite, une fièvre hémorragique de pronostic particulièrement sombre ou un ictère fébrile. Elle est transmise par les piqûre de tiques et a récemment occasionné quelques décès dans la Province du Cap (Afrique du Sud).
De nombreuses autres causes de fièvres hémorragiques tropicales existent:
- Fièvre à Hantavirus : fièvre hémorragique avec syndrome rénal ou pulmonaire: (Corée, Chine mais aussi Balkans, Scandinavie, France, Belgique, Etats-Unis, Argentine. L'Afrique en est indemne).
- Fièvre de la vallée du Rift : endémique dans presque toute l’Afrique au sud du Sahara. Elle réalise un syndrome grippal avec manifestations oculaires tardives (cécité provisoire ou définitive). Des formes hémorragiques et encéphalitiques existent. Le diagnostic peut-être fait dès le 4e jour par détection des IgM spécifiques.
- Fièvre à virus West-Nile : (Ouganda, Congo, Kenya, Nord du Sénégal). Elle réalise un coma fébrile isolé, sans signe de localisation. Le traitement symptomatique est d’autant plus important que l’évolution est habituellement favorable en une semaine.
- Paludisme pernicieux, leishmaniose viscérale, septicémies, leptospirose, peste, méningococcémie, méningite à pneumocoques, borréliose, typhoïde, typhus exanthématique, maladie d’Omsk, de Bolivie et d’Argentine, maladie de la forêt de Kyasanur (Etat de Mysore, Inde), Ilesha virus (10), Chikungunya, rougeole, hépatite virale.
La transmission en Afrique est parfois associée à la réutilisation d'aiguilles, de seringues non stériles et à l'absence lors des soins, de mesures appropriées de protection contre l'exposition à du sang et autres liquides contaminés (y compris les vomissures, les urines et les selles). La plupart des soignants ayant contracté la fièvre Ebola avaient eu des contacts multiples avec des liquides multiples. Par contre, le risque de transmission de ces virus de personne à personne est à son maximum au cours des stades ultimes de la maladie, stades caractérisés par des vomissements, de la diarrhée, un état de choc et souvent des
hémorragies. L’amplification nosocomiale de la maladie caractérise l’épidémie de fièvre Ebola de 1995 au Zaïre. Aucun cas de fièvre hémorragique virale n'a été signalé chez des personnes qui n'avaient été en contact avec un sujet infecté que pendant la période d'incubation (c'est à dire avant que le malade ne devienne fébrile; la période d'incubation est de 2 jours à 3 semaines, selon l’étiologie de la fièvre virale).Les fièvres hémorragiques virales imposent donc des mesures d’isolement draconiennes, du patient et de ses liquides biologiques. Aussi, doivent être considérées comme personnes à risques, celles qui dans le 3 semaines ayant précédé le début de la fièvre: ont séjourné dans des régions où ont été récemment enregistré des cas; ou ont été en contact direct avec du sang ou d'autres liquides organiques d'une personne ou d'un animal atteints de
fièvre hémorragique virale; ou bien ont travaillé dans un laboratoire ou
lire plus