Les ugences infectieuses tropicales

Introduction
En l'an 2000, un milliard d'individus, (soit le septième de la population de la planète) effectué un voyage international. Un problème sanitaire, même rare -1 pour mille - lié au voyage produirait 1 million de malades. Cette intense circulation des hommes doit se doubler de celle de l'information.Les Tropiques semblent pour l'instant un terrain peu propice aux maladies de l'ère industrielle comme la légionellose ou la maladie de la vache folle, qui relèvent d'une modification environnementale. En revanche, les maladie partagées par l'homme et le bétail (anthropozoonoses) y constituent une menace permanente : les récents exemples du S.R.A.S et de la grippe aviaire l’illustrent. Plusieurs facteurs militent en faveur de l'apparition d'épidémies en milieu tropical: la promiscuité, tout particulièrement dans les bidonvilles et les prisons, les égouts à ciel ouvert, la présence de grandes étendues d'eau stagnante ou la déforestation. Plus généralement, c'est l'insalubrité qui peut être tenue responsable des maladie infectieuses.
Le voyageur est donc exposé à des pathologies infectieuses tropicales à durée d'incubation courte qui ne se déclarent qu'à son retour, et dont certaines constituent de véritables urgences.
Les principaux syndromes aux Urgences
La seule notion de voyage en zone tropicale doit en premier lieu conduire à éliminer un paludisme à Plasmodium falciparum, en pratiquant immédiatement un frottis sanguin, et cela, quelles que soient la présentation clinique et l’intime conviction du patient et du médecin. L’utilisation de bandelettes (Parasight F), dépistant l’histidine rich protein spécifique de P. falciparum permet un diagnostic de certitude en 3 minutes, au lit du patient, sans l’aide du laboratoire.En cas de négativité du frottis ou de la bandelette, l'interrogatoire détaillé doit orienter vers d'autres pathologies, en précisant les pays et région visités, le statut vaccinal, ainsi que les conditions du voyage: organisé, aventureux, ou en célibataire. Les centres de conseil au voyage, régulièrement tenus informés de la santé des tropiques(1,2,3), seront utilement consultés en cas de doute diagnostique.
Enfin, l’analyse par syndrome proposée dans cet exposé est artificielle et ne doit pas faire oublier à l'urgentiste, le polymorphisme de la plupart des maladies infectieuses tropicales (4) qui associent généralement plusieurs syndromes. Ainsi la simple clinique ne permet-elle pas de différencier un paludisme, d’une salmonellose, d’une arbovirose ou d’une pathologie non tropicale, lesquelles peuvent être associées.


