Techniques d'oxygénothérapie

 
Techniques d

L'oxygénothérapie

Quand?

En dehors des petits traumatismes et des lésions superficielles, la plupart des patients ont besoin d'être oxygénés. C'est le cas de toutes les victimes graves (polytraumatisées, brûlées), des malades présentant des signes respiratoires (respiration rapide, haletante ou de fréquence trop basse), circulatoires (pouls rapide ou au contraire trop lent), nerveux (troubles du comportement, de la conscience) ou cutanés ( cyanose, sueurs) ...L'oxygène est également nécessaire chez l'insuffisant respiratoire chronique dont l'état ventilatoire s'est aggravé.

Comment?

Libération des voies aériennes

Avant toute tentative d'oxygénation, il est indispensable d'assurer la liberté des voies aériennes garantissant que l'oxygène délivré ira bien jusqu'aux alvéoles (cf. Liberté des voies aériennes) :
  • au minimum: détacher un col serré, la ceinture du pantalon
  • en cas d'obstacle évident: désobstruer les voies aériennes supérieures par nettoyage buccal
  • si un corps étranger empêche toute ventilation: manouvre d'Heimlich
  • en cas d'inconscience: basculer la tête en arrière (sauf chez le bébé), tirer sur le menton en avant et, en cas de ventilation efficace, installer en PLS.

Inhalation d'oxygène

L'inhalation d'oxygène a pour but d'augmenter la teneur en oxygène (jusqu'à 100 %) du mélange gazeux respiré par le patient. Les secouristes emploient en général un système composé d'un masque, d'une valve, d'un ballon auto-remplisseur et d'un dispositif de réserve d'oxygène (sac ou tuyau concentrateur). Le débit d'oxygène à administrer est de 15 litres par minute chez l'adulte, en dehors d'une indication contraire d'un médecin. Chez l'enfant, on adaptera le débit en fonction de l'âge ou de la carrure (de 3 à 15 l/min. ).
Après avoir expliqué le geste et rassuré le patient conscient, le masque doit être hermétiquement maintenu sur le visage de la victime pour qu'elle respire les gaz accumulés dans le ballon et le système de réserve.
Le critère d'efficacité de l'inhalation d'oxygène est la stabilisation ou l'amélioration des signes de détresse: disparition de la cyanose, diminution de la fréquence ventilatoire, du pouls...

Remarques :
  • cette technique ne peut pas être utilisée lorsque la ventilation de la victime est nulle ou insuffisante : il faut alors pratiquer une ventilation artificielle
  • l'inhalation d'oxygène est inefficace si le masque n'est pas hermétiquement appliqué
  • avec un système muni d'un ballon de réserve, on peut surveiller l'efficacité mécanique de l'inhalation par la variation de volume du sac de réserve
  • on est sûr de délivrer de l'oxygène pur à la victime quand le ballon de réserve ne se dégonfle pas complètement en fin d'inspiration (ce qui permet d'adapter le débit d'oxygène en fonction des besoins)
  • chez le sujet inconscient qui ventile, l'inhalation d'oxygène se fera préférentiellement en PLS pour éviter le risque de fausse-route en cas de vomissements.

Ventilation artificielle

On doit pratiquer une oxygénothérapie par ventilation artificielle lorsque la ventilation autonome de la victime n'est pas suffisante pour permettre une inhalation d'oxygène : arrêt respiratoire, fréquence ventilatoire inférieure à 6 mouvements par minute ou pauses ventilatoires > 10 secondes, mouvements respiratoires à peine perceptibles. ..
Elle utilise également un ballon auto-remplisseur muni de sa valve et d'un système de réserve mais le masque peut être remplacé par d'autres dispositifs d'administration. Mais son efficacité passe par une technique rigoureuse et doit être contrôlée en permanence.
  • Choix du dispositif d'administration :
On peut employer un masque, adapté à la taille du visage de la victime, ou un embout buccal, selon l'habitude de l'utilisateur ou les contraintes liées à la victime. Le seul vrai critère de choix est l'efficacité: absence de fuite entre le visage et le masque ou autour de l'embout buccal...L'utilisation du dispositif ne doit pas faire perdre le bénéfice des gestes effectués pour la liberté des voies aériennes: bascule prudente de la tête en arrière et traction du menton en avant.Lorsque la victime est médicalisée, la ventilation artificielle est pratiquée directement sur la sonde d'intubation trachéale qui réalise un accès direct entre la trachée et la valve d'insufflation ; il n'y a plus alors de contrainte de position de tête ou de mâchoire.
  • Technique de mise en place et de maintien du masque :
Le secouriste se place en arrière de la tête, dans l'axe de la victime et maintient le masque d'une seule main :
    • la partie étroite du masque est installée contre le nez
    • le pouce et l'index, placés sur la coque rigide de chaque côté de l'orifice central (et non sur le bourrelet d'étanchéité) maintiennent le masque hermétiquement plaqué contre le visage
    • les autres doigts crochètent la mâchoire et assurent une traction de celle-ci vers le haut
    • après avoir vérifié que la tête est toujours basculée en arrière, elle peut être calée par un genou du secouriste.
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