Amour et (homo)sexualité

 
Amour et (homo)sexualitéLe premier préjugé sur lequel on bute se retrouve à la télévision, dans les campagnes d’affichage de l’INPES (Institut National pour la Prévention et l’Education à la Santé) et les différentes associations d’homosexuels. A savoir que les homosexuels auraient une sexualité beaucoup plus active que les hétérosexuels, multiplieraient les partenaires dans une quête de sensations et de plaisir sans prendre forcément le temps d’approfondir les sentiments amoureux. Ainsi, il est encore interdit en France pour un homosexuel de donner son sang. De même, les campagnes de prévention de l’INPES mettent l’accent sur les facteurs de risque liés à cette orientation sexuelle. Entre cette réalité sociologique et statistique de la multi-partenarité, et le politiquement correct qui nie toute différence homos/hétéros, où se situe le choix individuel ? Comment chacun vit-il son homosexualité ? Effectivement, la sexualité n’est qu’une composante de ce qu’est une personne, à côté de ses hobbies, ses relations, sa personnalité. En quoi être homosexuel change quelque chose quand on vit son amour et sa sexualité ? Plusieurs pistes nous semblent intéressantes : la puberté et les bouleversements adolescents qui s’en suivent déstabilisent tout le monde et questionnent l’identité sexuelle de chacun. Garçon, fille, homosexuel, hétérosexuel, tout adolescent se pose (plus ou moins explicitement) cette question (on pense à la confusion propre aux intenses amitiés avec une personne de son sexe où la frontière amour/amitié/désir se brouille). Comment arriver à formuler la demande d’amour quand il peut paraître plus simple d’agir la sexualité pour s’en débarrasser ? Cette demande sera-t-elle reçue par l’autre comme uniquement sexuelle ? Etre durant un temps très attiré par la sexualité peut donc constituer une façon d’apprivoiser sexualité et intensité amoureuse en passant à l’acte. Ensuite, il faut peut-être distinguer l’homosexualité comme orientation sexuelle intime et la communauté homosexuelle, avec son poids social, économique et politique. Peut-être alors que les revendications des différentes associations sur la différence dans le traitement social (homophobie...) ou sanitaire (exposition au virus du SIDA...) ont eu un effet paradoxal : télé, radio, presse ont alors plus facilement décrit une communauté gay retranchée en ghetto avec des lieux, codes et façons " obligatoires " de vivre son homosexualité, par avidité de sensationnel et de provocation. Une sexualité de " back-room " serait l’épreuve initiatique à franchir pour être intégré dans la communauté homosexuelle ? Cette idée semble grossière et caricaturale mais prend en compte l’organisation d’une communauté autour de codes et de rituels. De plus, cette " démesure " de la sexualité peut apparaître comme un exorcisme des discriminations qui ont longtemps entouré les homosexuels. Finalement, nous n’avons fait qu’explorer des raisons possibles de la complexité du rapport entre amour et sexualité, que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel. C’est à travers vos commentaires et témoignages que nous espérons faire avancer ce dossier.




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