En effet, depuis que l’on sait que le grand nombre et la qualité d’ovocytes recueillis augmente les chances de fécondation, le recours aux « inducteurs d’ovulation » (à l’origine réservés à la correction des dysovulations) est devenu systématique.
L’Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) : la technique de choix en cas de stérilité masculine
Au départ, la recherche sur les aspects masculins de la reproduction humaine n’avaient pour objectif que d’optimiser les techniques de FIV. L’Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes est d’ailleurs née par hasard d’une autre manipulation, l’Injection de plusieurs spermatozoïdes dans l’espace périvitellin de l’ovocyte (SUZI) : lors d’une de ces SUZI à l’AZVUB, Centre néerlandophone de médecine de la reproduction de l’Université libre de Bruxelles, la pipette aurait été poussée trop loin par erreur, perforant la membrane de l’ovocyte et introduisant de force un spermatozoïde dans le cytoplasme de celui-ci.C’était en 1992, la naissance du premier enfant par injection intracytoplasmique en Belgique (équipe Palermo, Devroey, Van Steirteghem), suivie en 1994, en France, de celle d’Audrey (équipe Testart, Tésarik, Thébault, hôpital américain, Neuilly). L’ICSI consiste donc aujourd’hui à introduire directement un seul spermatozoïde à l’aide d’une micro-pipette dans chaque ovocyte.Cette technique est utilisée lorsque l’on ne peut recourir à la FIV, l’éjaculat ne contenant aucun spermatozoïde, et qu’un prélèvement dans l’épididyme ou le testicule est nécessaire.
Deuxième révolution de l’assistance médicale à la procréation, l’ICSI représente un grand apport pour les stérilités masculines majeures et les insuffisances spermatiques sévères. Elle peut être proposée d’emblée ou après échecs répétés d’une FIV standard. Son taux de réussite dépasse aujourd’hui celui de la FIV (en 1996, 54,5 % contre 49 % pour les FIV. Données FIVNAT).A propos de la « réussite », il est essentiel d’informer les couples sur ce que recouvre concrètement le terme. En effet, si, pour les médecins, le succès d’une FIV se mesure au taux d’embryons obtenus, les couples, de leur côté, attendent de cette technique le déclenchement d’une grossesse, puis l’arrivée d’une naissance. Or, ces deux logiques ne se recoupent pas forcément et les nombreux transferts successifs n’aboutissent pas toujours à l’implantation du ou des embryons. La «réussite» apparaît donc dès lors comme une notion relative dont il est nécessaire d’expliquer toutes les formes aux couples.Signalons enfin que, parallèlement à ces techniques d’assistance à la procréation, en cas de stérilité par obturation d’une des trompes, la chirurgie coelioscopique tubaire peut constituer un recours thérapeutique.
Il en existe trois formes : le Transfert de gamètes dans la trompe de Fallope (GIFT), qui consiste à replacer dans la trompe les ovocytes recueillis et les spermatozoïdes préparés, le Transfert de zygotes dans la trompe de Fallope (ZIFT), qui consiste à replacer dans la trompe les ovocytes fécondés in vitro après 24 heures de culture, le Transfert des embryons dans la trompe (TET), qui consiste à replacer dans la trompe les embryons obtenus après 48 heures de culture.
Actuellement, à l’exception du GIFT, ces méthodes ne sont pratiquement plus utilisées. Elles sont en effet aussi lourdes que la FIV et ne permettent pas de contrôler le nombre d’embryons susceptibles de s’implanter.
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.angcp.be/)


