Ménopause et cancer du sein: quelques précisions

Ménopause et cancer du sein
Les résultats de l'
étude américaine WHI, démontrant que le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire et de cancer du sein, ont jeté un discrédit sur ce
traitement. Mais une étude française a ensuite démontré que cette association n'existait pas avec les THS les plus prescrits en France, c'est-à-dire avec ceux à base d'
estrogène cutané et de progestérone naturelle.
Est-ce valable pour toutes les femmes ?
Le risque de
cancer du sein a été précisément étudié à partir d'une population de femmes américaines ménopausées et ayant subi une hystérectomie. L'hystérectomie correspond à une ablation chirurgicale de l'utérus. Cette intervention est par exemple réalisée en cas de saignements rebelles et résistants au traitement médical, de fibrome utérin symptomatique ou encore de cancer de l'utérus. Près de 30.000 femmes ménopausées et ayant subi cette opération ont été suivies sur plusieurs années. Elles devaient remplir tous les ans un
questionnaire afin de savoir si elles suivaient ou non un traitement hormonal de la
ménopause et si elles avaient développé un cancer du sein.
Ablation de l'utérus et dix ans de THS : augmentation du risque de cancer du sein
En fin d'étude, 934 cancers du sein ont été enregistrés, 226 chez des
femmes n'ayant jamais pris de THS et 708 chez des femmes sous traitement hormonal de la ménopause. Les auteurs constatent ainsi une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes traitées par THS. Toutefois, cette hausse du risque ne s'observe qu'à partir de dix années de traitement. En dessous de dix ans de traitement, le
risque de cancer du sein est le même que celui des femmes n'ayant jamais pris de THS. Au-delà, le risque augmente proportionnellement avec la durée du
traitement de la ménopause.
La durée du traitement de la ménopause doit être courte
En
conclusion, pour ne pas augmenter le risque de cancer du
sein, il est conseillé de ne pas prendre un
traitement hormonal de la ménopause durant plus de dix ans. C'est généralement le cas lorsqu'un THS est prescrit pour atténuer les symptômes climatériques de la ménopause comme les bouffées de chaleur. En revanche, mieux vaut éviter le THS en prévention de l'ostéoporose, car pour obtenir cet effet, il doit être suivi sur le long terme, soit le plus souvent au-delà de dix ans. Ainsi, pour prévenir l'ostéoporose, il faut se
tourner vers des traitements spécifiques.