L’automutilation, pourquoi?

L’automutilation et la dépendance.
Beaucoup des
adolescents qui s’automutilent parlent de leur difficulté à s’arrêter comme s’ils décrivaient une
drogue. Ce moment semble apporter une "fausse" solution à leur sentiment de vide et de détresse. En effet, comme le montre le fait qu’il faille sans arrêt
recommencer, refaire le même geste, il s’agit plutôt d’un cercle vicieux. Finalement non seulement « ça » rate, mais en plus ça laisse des marques qui font honte renforçant le mal-être et peu à peu l’automutilation devient un rouage de la machine à aller mal.
Un appel à l’aide.
Se faire mal pour aller mieux montre une chose unique : "ça va mal".
L’automutilation vient montrer qu’à l’intérieur, il y a aussi une souffrance qui n’arrive pas à se dire autrement qu’en se "marquant" et en se "remarquant". La pratique reste solitaire, l’important pour pouvoir aller mieux, c’est que d’autres soient là car quand tout va très mal, c’est dur de trouver seul(e) de vraies solutions... Si les marques laissées sur le corps par l’automutilation sont souvent cachées, il arrive que quelqu’un d’autre les voit. A la manière de mots, ces marques sont à
déchiffrer comme un S.O.S. .
Parler pour être moins seul(e).
Avoir des marques, avoir recours à l’automutilation n’est pas honteux. Se cacher enferme dans un secret où l’on peut être de plus en plus seul(e). Peu à peu, les mots prendront la place des blessures. La
souffrance n’est pas quelque chose qui se juge, elle appelle juste à la
solidarité, au dialogue pour ne pas continuer à être seul(e) dans son mal-être, dans sa tête et dans son corps. Il faut « en parler » d’urgence... pour réapprendre à voir que les autres sont là, tout autour, même si on ne les voit plus. Parler pour se rendre compte que des gens sont là tout près. Dire les choses, même très graves, ne les fait pas empirer, au contraire ça les apaise.
Où trouver cette aide ?
Il peut être difficile de parler de tout ça aux
parents. Par contre, un
adulte un peu plus extérieur pourrait être à l’écoute : un prof qu’on aime bien, l’infirmière scolaire, une tante, son médecin généraliste... Et puis, il y a aussi des lieux pour les jeunes qui vont mal comme les points écoute jeunes.