Effets des hypnotiques: modifications du sommeil

Effets sur le sommeil lent profond
Les hypnotiques GABAergiques, surtout les benzodiazépines (BZDs), diminuent le
sommeil lent profond. Cette action n’est nette qu’après plusieurs nuits de traitement et peut aller, chez certains sujets, jusqu’à la suppression totale du stade IV. A l’arrêt du
traitement, la réapparition du sommeil lent profond est progressive et sans rebond compensatoire.
Effets sur le sommeil paradoxal
Le sommeil paradoxal est, quant à lui, affecté dans de moindres proportions par les hypnotiques, avec souvent un impact plus important sur l'aspect phasique (diminution du nombre de mouvements oculaires rapides) que sur l'aspect tonique (durée totale du sommeil paradoxal). Ce déficit s’accompagne ici d’un effet « rebond »
observable dès l'arrêt du traitement. Ainsi, après une prise unique d'hypnotique, on observe, les nuits suivantes, une augmentation du taux de sommeil paradoxal au dessus de la normale. Lors d'une
administration continue, la durée de sommeil paradoxal revient progressivement à la normale. Le sevrage s’accompagne également d’un effet «rebond» avec la survenue de rêves désagréables voire terrifiants, rendant la désaccoutumance plus difficile. Les hypnotiques GABAergiques à demi-vie très courte diminuent le sommeil paradoxal dans les premières heures de sommeil, tandis qu'un rebond compensatoire survient en fin de nuit. La Zopiclone (IMOVANE®) et le Zolpidem (STILNOX®, IVADAL®), molécules apparentées aux BZDs, n’entraînent pas, aux doses habituelles, de diminution du sommeil lent profond ni de modification significative du sommeil paradoxal.
Effets sur le sommeil lent léger
Le sommeil lent léger, et surtout le stade 2, est le seul à voir sa durée augmentée sous hypnotique. Il remplace alors le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal, constituant ainsi la part de sommeil supplémentaire observée. Le nombre et la durée des fuseaux de sommeil du stade 2 sont augmentés par la prise d'hypnotique. Le retour à la normale se fait, en accord avec les propriétés pharmacocinétiques des diverses molécules, dès la première nuit de sevrage pour les BZDs à demi-vie très courte et pas avant la quatrième nuit pour les BZDs à demi-vie longue. Tous ces effets sur l'architecture du sommeil sont d'autant plus importants que la dose administrée est élevée. Notons qu’il est paradoxal qu'il existe, chez le mauvais dormeur, une amélioration subjective de la qualité du sommeil sous hypnotique puisqu’il existe, chez tous les sujets et plus particulièrement chez les insomniaques, une très mauvaise appréciation du sommeil :
l’insomniaque perçoit mal son sommeil en stade 2 de sommeil lent léger, qu’il prend pour de l’éveil, contrairement au sujet normal. De fait, c’est l’entrée en SL profond qui correspond pour lui à la perte de
conscience et donc, à l’abandon du contrôle de l’activité mentale.