Effets résiduels diurnes des hypnotiques

Les effets résiduels diurnes (somnolence,
fatigue, diminution des performances
psychomotrices, amnésie antérograde) et les troubles de l’humeur au sens large (anxiété, irritabilité,
dépression) sont les effets secondaires communément rapportés des BZDs. Du fait de leur prévalence et de leur retentissement, la somnolence et les performances diurnes (habilité psychomotrice, processus cognitifs, mémoire) retiendront particulièrement notre attention. L'idée communément répandue est que la demi-vie du produit permet de prédire si une molécule aura ou non d'importants effets résiduels diurnes. En effet, les BZDs à demi-vie longue entraînent une somnolence le lendemain de leur administration, ce qui ne veut pas dire pour autant que les BZDs à demi-vie courte sont plus efficaces et produisent moins d'effets résiduels. En effet, la dose du produit plutôt que sa demi-vie est corrélée à
l’altération des performances : toutes les BZDs données à hautes doses peuvent altérer la vigilance. Les études des effets des hypnotiques sur la somnolence diurne comme sur les performances psychomotrices, l'apprentissage, la mémoire peuvent être, en fait, plus utiles que les mesures pharmacocinétiques.
Somnolence diurne
La somnolence diurne est assez difficile à quantifier par des estimations subjectives (échelle de somnolence d'Epworth, échelles analogiques visuelles ...) que les différentes études montrent souvent très éloignées de la
réalité. Aussi, a-t-on cherché à mesurer objectivement le niveau de vigilance par des enregistrements polygraphiques en laboratoire ou en ambulatoire. Les tests itératifs de latence d'endormissement (TILE) sont très utilisés et très pratiques pour évaluer la tendance à la somnolence et donc, l’effet résiduel sur la vigilance diurne des hypnotiques. Il semble que les BZDs à demi-vie longue telles que le Flurazépam entraînent une plus grande facilité d'endormissement diurne (avec raccourcissement de la latence moyenne d’endormissement au TILE) au contraire des BZDs à demi-vie courte telles que le Triazolam (HALCION®), qui entraînent des latences moyennes d'endormissement supérieures à celles observées sous placebo. En effet, le Flurazépam continue à exercer son activité anxiolytique le jour suivant sa prise nocturne, rendant le sujet plus relaxé et donc, plus susceptible de s’endormir tandis que le Triazolam (HALCION®) rend le sujet plus vigilant, plus « tendu », plus anxieux. Au fur et à mesure que la prise de BZD à demi-vie longue se prolonge, les effets sur l'endormissement diurne s'estompent : après 3 semaines d'administration, les latences d'
endormissement sous Flurazépam (30 mg)
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