consommateurs réguliers d'hypnotiques et d'anxiolytiques ont plus de 40 ans. Reste que la sévérité de l'
insomnie chez l'enfant reste mal connue, les enquêtes reposant le plus souvent sur l'appréciation des parents, qui sous-estiment les troubles. Un questionnaire de sommeil adressé à des adolescents de 16 à 19 ans a pu montrer que 14% d'entre eux avaient des difficultés d'endormissement, 8% des éveils nocturnes fréquents et 6% des éveils trop matinaux. Il faut souligner, à ce propos, que l'insomnie est le meilleur facteur prédictif de l'échec scolaire, et ce devant le milieu socioculturel des parents.
La consommation des hypnotiques et des anxiolytiques est principalement féminine (14% de consommatrices régulières vs 9% chez les hommes). Les femmes ont une probabilité 1,7 fois supérieure aux hommes de se plaindre d'insomnie.
La consommation d'anxiolytiques et d'hypnotiques, et donc l'insomnie, est favorisée par l'isolement et les difficultés familiales (divorce, veuvage). Les ouvriers et employés, les non diplômés et les revenus modestes consomment beaucoup plus souvent ces produits que les cadres supérieurs, pourtant surconsommateurs de pharmacie, et les professions intellectuelles. La plainte d'insomnie est plus fréquente chez les sujets n'ayant pas d'occupation professionnelle (femmes à la maison, retraités). Le chômage et les difficultés d'insertion professionnelle génèrent une forte surconsommation (57% de plus que la moyenne).
Un mauvais état de santé accroît également cette consommation : le taux de consommateurs d'hypnotiques ou d'anxiolytiques augmente d'autant plus que le pronostic vital est péjoratif; il en va de même pour le degré d'invalidité. Le risque relatif de se plaindre d'insomnie est 3 fois plus élevé pour les personnes souffrant d'une maladie, plus spécifiquement de maladies cardio-vasculaires, rhumatismales, thyroïdiennes ou gastriques.
Des études
épidémiologiques à long terme ont pu montrer que l'insomnie et des durées habituelles de sommeil de moins de 6 à 7 heures par nuit sont directement liées au développement d'une pathologie cardiaque ischémique, d'une hypertension artérielle, d'un accident vasculaire cérébral, d'un diabète, d'un cancer ou d'une dépression. Viennent ensuite des problèmes pulmonaires, des douleurs articulaires, des maux de dos, des ulcères gastriques, des céphalées La relation entre le manque de sommeil et le mauvais état de santé est loin d'être claire. En effet, il est plus que probable que l'insomnie peut être la cause comme l'effet direct d'un mauvais état de santé. Une santé défectueuse retentit sur le sommeil et la mauvaise qualité du sommeil retentit sur la maladie elle-même. En outre, le
stress est cause de nombreux problèmes de santé (maladies coronariennes, cancer, dépression) comme de troubles du sommeil, eux-mêmes aggravant le stress De nombreuses études sont encore nécessaires pour définir le rôle exact de l'insomnie dans le développement d'un mauvais état de santé et donc, le rôle du sommeil comme garant d'un bon équilibre physique et mental. Il reste que le médecin doit considérer l'insomnie comme un signe d'alarme pouvant annoncer ou accompagner une affection somatique ou psychiatrique, ce qui est actuellement loin d'être le cas si l'on considère la réticence des patients à consulter pour des troubles du sommeil et la
tendance du corps médical à minimiser les plaintes relatives à une mauvaise qualité du sommeil.