un état de tension impropre à l'installation du sommeil. Le but est donc d'amener le patient à associer la situation du coucher avec un sentiment de détente. Ce sont donc essentiellement des techniques de
relaxation trop nombreuses pour être détaillées ici.
Sur le postulat que l’insomniaque passe trop de temps éveillé au lit, ce qui diminue l’efficacité de son sommeil. Il convient donc d’avoir recours à la technique de restriction de sommeil. Cette méthode est particulièrement indiquée lorsque le patient rapporte être éveillé une heure ou plus durant la nuit ou lorsque son sommeil est fragmenté par de multiples éveils. Le temps passé au lit initialement prescrit - qui ne doit pas être inférieur à 4 heures - correspond au temps total de sommeil que le patient estime avoir au cours d'une nuit typique (évalué à partir de l'agenda de sommeil combiné ou non à une actimétrie). L'heure de lever doit être constante - et l'on retarde l'heure de coucher. La sieste ou même le simple fait de s'étendre sont proscrits. De même, pour éviter l'apparition d'un phénomène d'exacerbation, on interdit tout effort d'endormissement. La durée prescrite sera augmentée de 15 minutes (coucher 15 min plus tôt) lorsque le patient estimera l'efficacité de son sommeil (rapport du temps dormi sur le temps passé au lit) supérieure à 90% ou réduite de 15 minutes (coucher 15 min plus tard) pour une efficacité inférieure à 85%. Cette technique pouvant être éprouvante, il est possible de prescrire un arrêt de travail de 8 jours à l'initiation de la restriction du sommeil - qui nécessite un suivi trés régulier.
Approche psychothérapique
Les insomniaques chroniques ont tendance à internaliser leurs conflits. Ceci implique le
maintien d'un certain niveau d'éveil permettant de garder opérant les mécanismes de défense qui garantissent l'immersion des conflits inconscients, ce qui entraîne une tension émotionnelle impropre à l'endormissement. Cet aspect de la personnalité des insomniaques chroniques relève bien d'une psychothérapie. Cependant, l'organisation défensive puissante des patients insomniaques rend leur abord par les méthodes
traditionnelles difficile, avec le risque de renforcer certaines défenses caractérielles. De plus, les données publiées à ce jour restent peu abondantes et ne permettent pas de juger de l'efficacité de cet abord pourtant très prometteur.