Secondaires à une atteinte du système nerveux central
On note, dans ces cas, des altérations du sommeil lent et du sommeil paradoxal. Le sommeil lent est le plus gravement perturbé, les différents stades de sommeil perdant leurs caractéristiques électroencéphalographiques propres. Les fuseaux de sommeil sont ralentis et peu nombreux. Les complexes K sont atypiques. Les ondes lentes du sommeil lent profond sont peu amples. La durée totale du sommeil peut être diminuée et il existe toujours une fragmentation du sommeil d'autant plus importante que l'atteinte organique est plus grave, quelle qu'en soit son origine. La durée et l'organisation temporelle du sommeil paradoxal au cours de la nuit sont perturbées. Il existe donc, dans ces formes organiques, une déficience des mécanismes hypnogènes physiologiques, particulièrement marquée dans les cas de lésions de l'hypothalamus et du tronc cérébral du fait du rôle particulièrement critique de ces structures dans la régulation du cycle veille-sommeil. Mais, des lésions corticales diffuses peuvent également entraîner des désorganisations importantes de l'organisation générale du sommeil.- La maladie d'Alzheimer s'accompagne d'une insomnie majeure, avec une latence de sommeil très allongée et une diminution de l'index d'efficacité du sommeil. Le sommeil lent léger est très perturbé avec une grande rareté voire une absence des fuseaux de sommeil et un aspect pathologique des complexes K de faible voltage. Le sommeil lent profond est très diminué, surtout le stade 4. Le sommeil paradoxal survient de façon anarchique en cours épisodes, très fragmentés.
- La maladie de Parkinson s'accompagne également de troubles du sommeil.
- L'insomnie fatale familiale, maladie terrible et heureusement très rare, se traduit par une insomnie rebelle et des troubles végétatifs qui entraînent rapidement la mort. L'âge de début moyen est 51 ans. La maladie est caractérisée par l'association d'une insomnie rebelle (avec rêves et hallucinations), de troubles végétatifs (disparition des rythmes circadiens, hyperactivité sympathique, troubles sphinctériens), de difficultés motrices et d'une démence qui peut être tardive. Les myoclonies sont rares. La durée de la maladie varie entre 6 et 32 mois. Les lésions neuropathologiques sont limitées à une atrophie sélective de certains noyaux du thalamus - avec atteinte dominante dans les noyaux dorsomédian et antérieur du thalamus (perte neuronale, gliose astrocytaire) - la spongiose est discrète et il n'y a pas de plaques amyloïdes. Cette maladie est due à une mutation d'un gène localisé sur le chromosome 20 et codant pour une protéine (ìprotéine prionî) impliquée dans les encéphalopathies spongiformes, caractérisées par une dégénérescence neuronale plus ou moins localisée et pouvant apparaître soit dans un contexte familial soit dans un contexte infectieux (maladie de Creutzfeld - Jacob). L'électroencéphalogramme de veille est perturbé mais non périodique. L'EEG de sommeil note une disparition progressive de l'activité delta, des fuseaux de sommeil et des complexes K. Il existe des phases anormales de sommeil paradoxal. L'insomnie fatale familiale a été décrite d'abord en Italie et il existe plusieurs familles en France.
Secondaires à une affection somatique
Un grand nombre d'affections somatiques peuvent provoquer une insomnie. Le traitement et l'évolution de ces insomnies dépendent bien entendu de la maladie causale. Rappelons juste que l'éveil est une réaction d'alerte physiologique, déclenchée par une souffrance mettant l'organisme en danger. Les hypnotiques supprimant cette réaction d'éveil, il faut s'assurer que leur prescription ne met pas la vie du malade en danger.- Les douleurs chroniques sont parmi les plus fréquentes.
- Dans l'alcoolisme chronique, le sommeil est très désorganisé, fragmenté par de nombreux éveils et sans stade 4 de sommeil lent profond avec un sommeil paradoxal, quant à lui, très instable.
- Le syndrome d'impatience des jambes se traduit par une sensation désagréable dans les membres inférieurs, forçant le malade à bouger les jambes et survenant uniquement au repos, en particulier au lit. Cette sensation est calmée par la marche, surtout sur une surface froide. Les symptômes sont plus marqués le soir et surviennent par épisodes de plusieurs semaines voire de plusieurs mois. Ce trouble, retrouvé chez 3 à 5% des adultes, survient surtout après la cinquantaine. Il empêche les malades de s'endormir et peut induire une insomnie sévère. Il peut être lié aux mouvements périodiques des jambes dans le sommeil, qui apparaissent dès l'endormissement. Le syndrome d'impatience des jambes comme les mouvements périodiques sont fréquemment rencontrés chez les malades éthyliques chroniques comme chez les insuffisants rénaux, hépatiques ou respiratoires.
(reproduit avec la permission écrite de:http://neurobranches.chez-alice.fr)


