Les troubles du sevrage - la dépendance aux benzodiazépines

Seule la
réduction très progressive des doses d’un quart de comprimé tous les 10 jours pour un seul hypnotique à la fois permet d’éviter les troubles du sevrage. Le sevrage brutal en BZDs à demi-vie courte et intermédiaire risque d’entraîner un « rebond » d’
insomnie avec:
- une augmentation de la latence d’endormissement
- une augmentation de la durée d’éveil intra-sommeil et du nombre des éveils
- une diminution de la durée du sommeil
- et ce bien au-dessus des valeurs constatées avant le traitement.
Ce rebond peut se voir même après une prise unique et survient dès la première nuit de sevrage pour les BZDs à demi-vie courte - après la 2ème ou la 3ème nuit de sevrage pour les BZDs à demi-vie intermédiaire. Ce rebond a d’autant plus de chance d’apparaître que les doses prises sont plus élevées. Il peut persister subjectivement pendant 2 à 3 semaines après une
prise régulière pendant 6 mois. Avec les BZDs à demi-vie très longue, le rebond d’insomnie est peu marqué et très retardé. Avec les BZDs à demi-vie très courte, ce rebond peut survenir au cours de la nuit même de la prise, le patient se plaignant alors d’insomnie du petit matin alors qu’il a pris son hypnotique au coucher. Les nouvelles molécules apparentées aux BZDs, bien qu’à demi-vie courte, semblent dépourvues de rebond d’insomnie. La méconnaissance de ce rebond d’insomnie fait qu’un patient peut interrompre brutalement son
traitement, dormir très mal et en conclure qu’il ne peut se passer d’hypnotiques. Le rebond d’insomnie devient alors un facteur de renforcement d'un cercle vicieux bien connu : augmentation des doses d'hypnotiques - augmentation des effets secondaires des hypnotiques avec diminution des performances diurnes attribuée à l'insomnie
lire plus