Définir la boulimie

 
Définir la boulimieLa boulimie fait partie des troubles du comportement alimentaire, qui touchent 1 à 2 % de la population féminine entre 15 et 45 ans. Certaines études sur des populations d’adolescentes laissent présager une fréquence avoisinant les 20 %. Elle est donc beaucoup plus fréquente que l’anorexie. L’âge de début est souvent plus tardif : vers 18 à 20 ans. C’est une maladie à 90 % féminine. Il n’y a pas de relation de cause à effet systématique entre boulimie et obésité. Seulement 50 % des obèses ont des comportements compulsifs et tous les boulimiques ne sont pas obèses. Il existe deux sortes de boulimie :
  1. boulimie purgative : ce comportement (qui ressemble beaucoup à l'anorexie-boulimie) est lié à la peur de prendre du poids, plutôt qu'à une volonté de perdre du poids. La sensation de perte de contrôle et la volonté d’être mince sont prédominants
  2. boulimie non purgative (aussi appelée « compulsion alimentaire ») : la personne ressent un appétit permanent (parfois associé à du plaisir) accompagné d'une forte culpabilité à manger, mais n’utilise pas de moyens pour se purger et se débarrasser de l'excès d'aliments consommés.
La surconsommation d'aliments démontre des dérapages dans le système d’autocontrôle du malade. Les caractéristiques de la crise boulimique, en particulier, illustrent bien ce phénomène :
  • durée extrêmement réduite
  • ingestion d'une quantité importante d’aliments
  • aliments non choisis, ingérés sans plaisir, ni faim ni rassasiement
  • crise suivie de vomissements
  • dégoût de soi
  • sentiment de perte de contrôle.

Les symptômes

Les symptômes qui fondent le diagnostic de la boulimie peuvent être résumés ainsi :
  • Symptômes comportementaux :
  1. épisodes de compulsion alimentaire (manger une grande quantité d'aliments en un cours laps de temps en ayant l'impression de perdre le contrôle face à sa consommation de nourriture)
  2. comportement clandestin et dissimulation
  3. comportements de purges tels que des vomissements provoqués, l'utilisation de laxatifs, de diurétiques, ou des exercices excessifs
  4. fréquentes sautes d'humeur
  5. maintien d'un poids normal la plupart du temps, malgré des gains/pertes de poids épisodiques
  6. un retrait ou un isolement des activités normales
  7. possibilités d'association avec d'autres comportements autodestructeurs (tentative de suicide, promiscuité sexuelle, consommation de drogues, d'alcool...)
  • Symptômes psychologiques :
  1. perturbation de l'image corporelle
  2. etat dépressif (principalement après les orgies alimentairs)
  3. manque de confiance en soi, image de soi défaillante et fortement altérée
  4. peurs (de grossir, de décevoir, de ne pas y arriver…)
  5. excès de perfectionnisme, obsession, volonté de tout contrôler mais difficultés de contrôler ses impulsions
  6. rejet de l’image de la femme (séduction, enfantement…)
  7. sentiment de culpabilité souvent associé à de la honte
  8. absence de désir
  9. peu de capacité d’introspection
  10. possibilité d’attachement excessif.
  • Symptômes physiologiques : gonflement des glandes salivaires près de la mâchoire (risque d'inflammations ou d'infections)
Notre traitement intervient souvent sur ces éléments empêchant le malade de se rétablir.

Les causes

Lorsque nous demandons à nos patientes anorexiques et boulimiques de se poser la question du début de la maladie et de son origine, les réponses sont loin d’être évidentes. Et pour cause. Même si les comportements associés aux troubles alimentaires sont souvent similaires, les raisons pour lesquelles une personne développe un désordre alimentaire sont très variées et peuvent même être différentes de celles qui « consolident » la maladie. Pour les personnes touchées, l'anorexie et la boulimie seraient des réponses à « un vécu » qu'il s'agisse d'un problème d'image de soi (self estime), d'un traumatisme, d'un appel à l'aide ou d'un manque de communication avec les proches. Rechercher les causes d'un TCA, revient donc à explorer quatre domaines principaux :
  1. terrain génétique ou biologique
  2. relations affectives non gratifiantes avec l’entourage
  3. confiance en soi et estime de soi diminuée
  4. société permissive.

Pas de gène responsable mais un « terrain » génétique favorable

Tout comme les maladies de la dépendance (ou conduites addictives), il existe peut-être des prédispositions génétiques aux troubles du comportement alimentaire. « C’était comme une drogue » disent de nombreuses patientes pour exprimer ce qu’elles ressentaient dans les phases de « jeûne » ou de crise boulimique. Mais aucun gène responsable n’a été identifié. Dans certains cas, l’anorexie peut avoir pour origine un trouble physique dû à la déficience d’une substance chimique essentielle dans le cerveau, ou un dérangement hypothalamique. L'anorexie peut aussi faire suite :
  • à une maladie physique ou psychique ayant causé une lire plus




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