une perte de poids
  • à une situation psychologiquement stressante
  • à une surcharge pondérale réelle.
  • Une distance mal vécue avec l’entourage

    Il n’existe pas de schémas type familiaux qui favoriseraient plus la maladie. Il existe seulement un contexte qui ne permet pas ou n’autorise pas l’expression de sentiments, de besoins émotionnels et qui donne à penser à la personne qu’elle n’a pas beaucoup de valeur « aux yeux de… ». Ce conditionnement à surveiller et mettre en doute ses propres sentiments génèrent des tensions qui tôt ou tard finissent par s’exprimer d’une manière ou d’une autre. Chez les filles elles trouvent un exutoire dans des comportements tournés vers leur vie intérieur (troubles alimentaires, dépression…) alors que les garçons adoptent plutôt des comportements tournés vers l’extérieur (échec scolaire, délinquance…). En aucun cas, parents, frères et sœurs, amis, ne sont « coupables » de cette situation. Il faut insister là dessus et mettre fin à une attitude qui tend à attribuer aux parents la faute du trouble.

    L’histoire personnelle, la confiance en soi

    Les limites « subies » dans l'expression du potentiel et de l'identité peuvent être à l'origine du développement de maladies psychiques comme par exemple :
    Les troubles alimentaires n’échappent pas à la règle. Même si les malades « simulent » une contenance (l'autocontrôle est étroitement associé à la maladie), elles restent fondamentalement très fragiles.

    L’environnement social et culturel permissif

    Des hypothèses sociologiques indiquent que certains éléments de la société de consommation peuvent contribuer à l'éclosion des troubles alimentaires en fragilisant l’image de soi. Ainsi le culte de la minceur, la glorification de la jeunesse, l'association beauté-maîtrise de soi deviennent les archétypes de la féminité qu’il convient de posséder, le contraire étant perçu comme synonyme de laideur et d’échec social. Du fait qu’il n’est malheureusement pas possible de modifier significativement sa stature ou sa morphologie, toute tentative dans ce sens est vouée à l’échec. Ce culte de la minceur développe chez les femmes un sentiment d’insatisfaction face à leur poids et à leur corps et est à l’origine d’une basse estime de soi, de sentiments permanents de culpabilité. Les anorexiques et les boulimiques sont victimes comme les autres de cette situation, à la différence qu’elles l’assument encore moins. Un régime alimentaire destiné à diminuer le poids peut déboucher sur un comportement anorexique s’il trouve un terrain psychologique favorable. Mais ce facteur, à lui seul, ne peut rendre compte de la complexité de la maladie. Il « permet » le développement mais ne « l’explique » pas. Par exemple, dans le cas de l'anorexie il s'agit souvent d'un appel à l'aide ou d'un suicide lent, plutôt qu'une question d'image ou d'esthétisme. La personne veut « disparaître », dans tous les sens du mot. Il est à noter que les facteurs prédisposant à la boulimie sont sensiblement les mêmes que l'anorexie.

    L'évolution

    Comme pour l'anorexie, la boulimie débute souvent à la fin de l'adolescence. Cette maladie se développe la plupart du temps chez les femmes. La boulimie révèle également un malaise psychologique. Il y a là une façon d’exprimer le dégoût de son corps et la haine que la personne malade ressent envers elle-même. Contrairement à l’anorexie, la boulimie peut passer longtemps inaperçue et l’entourage des malades met parfois du temps voire des années à découvrir le mal dont souffre l’un des leurs. Le malade maintient un poids normal ou un peu au-dessus de la normale et donne à penser que tout va bien. Plusieurs personnes souffrant de boulimie ne vont pas chercher d'aide avant d'avoir l'âge de 30 ou 40 ans parce qu'elles sont en proie à la honte et la culpabilité. Vomissements volontaires et absorption de laxatifs destinés à empêcher une prise pondérale importante à la suite des crises de boulimie qui se produisent plusieurs fois par semaine, ne sont pas sans conséquence pour la santé. Ils provoquent notamment :
    Les chercheurs ont observé que l’incidence de décès est directement proportionnelle au nombre d’années que dure le trouble alimentaire. La mort survient brutalement par un arrêt cardiaque ou par d’autres complications découlant de la fragilisation de la santé ou par suicide. Les conséquences se situent à plusieurs niveaux :

    physiques : dechaussement des dents - fatigue - trouble du sommeil - oedeme - essoufflement - diverses manifestations (crampes, troubles du rythme cardiaque....) liee a la perte de potassium et magnesium
    psychologiques : depression - devalorisation, depreciation de soi - fausse perception de l'image corporelle et des evenements - anxiete, angoisse - changement rapide dans les humeurs ou d'etats emotionnels
    sociales : isolement et retrait social - perte du cercle social - relation difficile avec sexe oppose
    économiques : endettement lies au cout eleve pour la nourriture (crise de boulimie), du cout associe a l'achat de laxatifs, diuretiques…

    Par Chantal Chainaud
    (reproduit avec la permission écrite de:http://www.lametairie.ch)




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